Particules élémentaires

Du 13 au 28 janvier 2018, Marie-Ève Fréchette présente Particules élémentaires, un corpus sculptural issu de sa recherche sur l’objet. L’artiste interroge notre rapport à celui-ci en s’intéressant à ses possibilités de transformation et de signifiance. Dans une volonté d’abstraire l’objet de sa fonction au profit de la forme, elle cherche à en modifier le mode d’existence afin qu’il se révèle autrement. En fragmentant et assemblant des objets faits main et usinés, des artefacts et des matériaux divers, elle construit des objets insolites et dynamiques dans lesquels réside une tension née de l’incongruité des connexions, multipliant ainsi les angles d’approches de l’oeuvre. Fréchette s’intéresse à ce potentiel d’interaction entre les éléments isolés qui se contaminent et s’entrechoquent, se fusionnent et s’opposent à la fois.

Les temps longs

Dans le cadre de son stage à Regart, centre d’artistes en art actuel, Valérie Arsenault est commissaire de la Vitrine des membres. L’étudiante au baccalauréat en arts visuels de l’Université Laval a invité ses collègues Mathieu Bouchard et Mikis Allyson Jean-Hébert à créer une installation ensemble. Les deux étudiants y présentent le projet Les temps longs du 20 avril au 3 juin 2018.

 

Texte de la commissaire :

 

« Une voix, deux voix, qui se répondent, toutes basses. Un dialogue sur la parole et ses silences, sur le temps, sur les saisons qui le ponctue le long de son fil. Un éclat de soleil sur le dos d’une vague qui s’étend entre deux terres fracturées par le fleuve. La rencontre presque muette de deux expériences qui se rejoignent dans le même corps pour observer l’inflexion lumineuse d’une langue comprise pour sa chanson. Cette langue, c’est la veine de par laquelle nous partagerons la poésie et c’est dans le passage que nous chercherons, au fil des secondes, la lumière. Cette clarté, nous l’habiterons comme une évidence, le temps de la durée, le temps d’une saison qui s’effrite en une autre, de cet étroit passage.

 

Mathieu Bouchard et Mikis Allyson Jean-Hébert, originaires de Lévis et La Tuque respectivement, habitent et travaillent à Québec dans le cadre de leurs études en arts visuels à l’université Laval. Mathieu Bouchard s’intéresse particulièrement à la poésie du réel ainsi qu’aux espaces communs que l’on occupe et les différents rapports de propriété entretenus avec le territoire. Quant à elle, Allyson Jean-Hébert puise dans son vécu et dans le rapport intime qu’elle entretient avec la culture Atikamekw pour façonner sa pratique artistique qui s’exprime à travers la sculpture, la peinture, et plus récemment la performance et  le son. Dans le cadre de leur projet pour la vitrine de Regart, ils allient leurs forces et leur sensibilité pour créer une expérience aux dimensions multiples s’étayant autour des notions de langage et de territoire. »

Travaux armilaires

En reconnaissance de son parcours honorable, de son œuvre multiforme, de même que de son implication dans le milieu, l’Œil de Poisson est très heureux d’accueillir en ses murs le sculpteur François Mathieu pour lancer sa programmation 2016-2017.

 

Les œuvres de Travaux armillaires s’inscrivent dans la poursuite d’une réflexion et de recherches entamées lors d’une résidence à l’été 2014. C’est autour de la sphère que l’artiste a élaboré une série de sculptures explorant les multiples possibilités de la mise en objet d’un système aussi simple que complexe. Structures, empreintes, maquettes et gabarits se côtoient pour donner vie à des constructions tant sculpturales qu’architecturales. Conçu en cogénération plutôt qu’en succession, ce corpus de grands et petits objets révèle un abécédaire de la sphère où une parenté certaine se décèle entre les différentes pièces. Fidèle à son habitude, Mathieu célèbre également dans cette exposition son amour pour la matérialité du monde en proposant de prolifiques jeux de matériaux entre bois, cuir, béton et laiton. Ainsi réunies dans un même contexte, ses nouvelles œuvres font part de la richesse de sa proposition.

 

François Mathieu se fait l’inventeur de diverses machines et chantiers de l’impossible dont la fonction même défie les questions de bien-fondé. Ses expériences et engins apparemment inutiles mettent l’accent sur l’émerveillement qu’ils entretiennent à chercher, dans les matériaux, les questions et les réponses les plus improbables. C’est l’amour du bricolage, l’effort et la générosité des gestes, qui le caractérisent.

 

Études vidéographiques pour instruments à cordes

L’Œil de Poisson est heureux de recevoir, dans la grande galerie, l’installation Études vidéographiques pour instruments à cordes initiée à l’occasion d’une collaboration avec le Quatuor Bozzini et le compositeur Taylor Brook pour un concert intitulé Musique de chambre (noire) présenté à la Cinémathèque québécoise lors du festival Akousma 12.

 

Dans cette installation se croisent textile, musique et vidéo. Découpé par la lumière, l’instrumentiste exécute une improvisation ou joue une note avec des techniques variées. Les gestes musicaux sont échantillonnés puis démultipliés de manière à construire des motifs complexes. Ces trames vidéographiques génèrent également des timbres et des textures sonores inusités.

 

Le travail vidéographique de Nathalie Bujold est fortement marqué par des principes de tissage (motifs) et par la musique. Le montage, dans cette œuvre, se développe par la convergence de ces deux aspects. Le mot tissage regroupe l’ensemble des ouvrages de dames, particulièrement les constructions textiles. Métaphoriquement, il s’agit de l’entrelacement d’idées, de liens, de savoir-faire. La cueillette d’échantillons, de gestes et de fragments musicaux sont classés et vont construire, à force de liens, de nœuds, de boucles, de croisements, le tissu vidéographique, les motifs sonores et la trame du récit.

Adoland

L’exposition Adoland est un portrait contemporain à la lisière du documentaire et de la photographie plasticienne ayant pour terrain la chambre d’adolescent. Sans chercher la scène décalée ou l’image-choc, Caroline Hayeur a activé un va-et-vient dans le temps en s’intéressant à des adolescences ordinaires, actuelles ou passées, et vécues par plus d’une trentaine de modèles.  Au fil de sa tournée à travers le Québec, la série s’enrichit par de nouvelles prises de vue locales qui provoquent une rencontre directe avec la communauté.

 

On n’échappe pas au cliché des chambres d’enfants ou d’adolescents : débordements, accumulations, désordres en tous genres pour mieux marquer son territoire. Qualifiée d’anthropologie visuelle, cette série photographique poursuit une recherche axée sur le corps social, la question générationnelle et la définition de soi.

 

Effectuée de 2011 à 2014, l’exposition Adoland a été soutenue par le Conseil des arts et des lettres du Québec.

De l’espace aux abysses

Ce projet débute par une rencontre entre deux artistes de deux générations différentes, qui font à première vue une recherche artistique très distincte mais qui est complémentaire lorsqu’on la considère dans toute son ampleur. Suite à des collaborations récentes, Lyzane Potvin et Rober Racine ont proposé cette exposition inédite abordant les thèmes de l’espace et des abysses, deux concepts situés aux antipodes l’un de l’autre, tout en portant la même immensité, le même mystère.

 

Rober Racine a investigué « l’espace » à travers une collection d’images ayant appartenu à l’artiste multidisciplinaire québécois Charles Gagnon (1934-2003), fasciné par l’exploration spatiale et le cosmos. Toute sa vie, ce dernier a accumulé des milliers de photographies, de diapositives, de films et de documents divers sur le sujet. En 2009, Rober Racine a hérité de « la boîte Univers des archives de Charles » : 9 cartables contenant 1816 diapositives, dont la plupart proviennent de la NASA et de divers planétariums à travers le monde. Avec cette collection mise en lumière dans des boîtes lumineuses, l’exposition est une œuvre hommage qui réunit deux amis et qui porte un regard soulignant de manière poétique une fascination partagée pour l’espace céleste.

 

Zoé T.

Spectres et autres apparitions est une installation cinétique, sonore et lumineuse constituée de cinq dispositifs électromécaniques dont l’unique source sonore dépend de la lumière. Les sons qu’on peut entendre sont produits par la captation directe des ondes lumineuses grâce à un dispositif reposant sur le son optique. Le projet de Martine H Crispo s’inspire des travaux sur le son graphique (graphical sound) développé principalement par les Soviétiques au début des années 1930 et développé plus tard par Daphne Oram et Norman McLaren autour des années 1950 et 1960.

Fail

Anna Hawkins

Son travail naît d’un désir d’utiliser et de remettre en cause la faculté des images en mouvement de toucher, d’informer et d’influencer le spectateur. Dans les dernières années, sa pratique vidéo a émané de figures de style et de genres répandus sur YouTube et autres plateformes de partage de vidéo en ligne. Par des procédés de collage et de reconstitution, elle déconstruit, reconstruit, et dispose en couches plusieurs sources authentiques. De cette manière,  Anna Hawkins met en évidence et subvertit des stratégies communes de création d’images sur internet. Ses œuvres récentes s’intéressent particulièrement au contenu vidéo capable de déclencher une réaction physique chez le spectateur, des images qui peuvent engendrer une expérience tactile ou corporelle, ainsi qu’une expérience visuelle

Latitude

Artiste multidisciplinaire, Edward Maloney s’intéresse aux concepts de déplacement, de mouvement et de perception optique, dans une recherche à mi-chemin entre l’art fIguratif et l’abstraction. Il présente à L’Écart Latitude, une exposition qui explore le lien entre la perception du voyageur et le développement d’une vision abstraite de la couleur. L’installation, composée de bancs d’autobus, d’une vidéo et d’une série de photographies, propose des paysages flous et lumineux réalisés avec un Polaroïd durant les déplacements de l’artiste dans le sud du Québec. La vidéo, telle une fenêtre, nous laisse croire à un paysage, alors qu’il s’agit de peinture pulvérisée sur un tapis roulant, offrant une vision du monde vu en mouvement. Au-delà du paysage, les panoramas qui défilent à grande vitesse révèlent un mélange émouvant de couleur et de composition.

Une vitrine, deux feuilles de papier et une roue

Pascale LeBlanc Lavigne réalise des œuvres cinétiques et sonores à partir de matériaux modestes, souvent récupérés ou de nature industrielle. C’est à l’aide de mouvements répétitifs et approximatifs qu’elle met à l’épreuve la résistance de ces matières en vue de dévoiler leur fragilité et leur souplesse. À la différence d’une machine, les composantes de ses réalisations sont reliées de manière artisanale, voire désinvolte. Ses œuvres sont instables et imprécises, parfois éphémères, et leurs mouvements sont potentiellement imprévisibles. Malgré la précarité de leurs structures, ses œuvres sont conçues pour générer des formes aux échos poétiques, dans un état transitoire qui se tend entre création et destruction. L’exposition Une vitrine, deux feuilles de papier et une roue rassemble trois pièces récentes de l’artiste qui, chacune à leur marnière, explorent les limites de leur propre construction.