QUATRE CONCEPTIONS DE L’INSTALLATION

L’IN SITU ET L’EX SITU

 
DÉFINITION DE L’IN SITU
Issue de l’expression latine, l’œuvre In Situ est une relique mémorielle du lieu qu’elle occupe. Elle le témoin du passé et de l’avenir, l’œuvre In Situ se souvient. C’est pourquoi l’intervention de l’artiste est si rigoureuse à l’intégration de l’œuvre dans l’habitat principal. En effet, l’artiste se doit d’ancrer son œuvre sans altérer la signification d’origine de l’espace interne ou externe du lieu. L’artiste se doit aussi de travailler l’histoire, la géographie, l’espace ou des matériaux renfermés du lieu, car l’œuvre symbolisera uniquement cet environnement choisi ou donné. Effectivement, l’œuvre In Situ ne pourra guère être déplacée vers un autre site, puisqu’il perdra sa signification première, c’est-à-dire être réalisé uniquement pour le site qu’elle occupe, notamment par ses caractéristiques iconiques et formelles.
 
 
DÉFINITION DE L’EX SITU
Issue de l’expression latine, l’œuvre Ex Situ est l’antithèse de l’œuvre In Situ. Elle s’oppose aux règles préétablies par l’In situ, puisqu’elle désigne une technique de conservation hors de son milieu naturel qu’est la rue. À cet effet, l’artiste se doit d’adapter son œuvre sur « les fondamentaux et les codes de l’art urbain, réaliser des créations In Situ, entreprendre une réflexion et des interventions en lien avec un espace donné et se confronter au côté éphémère de cet art ». Effectivement, l’œuvre Ex Situ explore et se développe sur plusieurs axes de présentations.
 
LA SPÉCIFICITÉ DE L’ENVIRONNEMENT
L’étape de la conceptualisation d’une installation, la première ébauche d’un rough créatif sur la manière de présentation. C’est le questionnement de la stratégie esthétique et conceptuelle en fonction de l’objectif de l’œuvre. En effet, c’est la mise en place de l’expérience immersive et utopique du spectateur dans l’installation, soit par la création d’un lieu (Ex Situ) ou l’appropriation du lieu (In Situ). Effectivement, c’est les moyens utilisés pour ancrer l’œuvre à son environnement et ses particularités, car l’installation requiert de l’espace. « L’œuvre n’est plus monolithique, mais composée d’éléments qui ne sont plus nécessairement assemblés et qui occupent davantage d’espace ». Ainsi, les éléments disposés constituent le rough artistique. C’est pourquoi l’installation doit prendre en compte l’espace d’exposition et celle occupée par le spectateur. Il doit vivre l’aura de l’œuvre éphémère.
 
 

LE RÔLE DU SPECTATEUR

 
DÉFINITION DU RÔLE DU SPECTATEUR
Il doit entrer. Il doit le visiter. Il doit le vivre. Il doit l’habiter. Et, il doit devenir l’œuvre. Le spectateur se métamorphose en une unicité avec le rough artistique, puisqu’il devient le rat de laboratoire dans l’immersion interne de l’environnement. En effet, il est le participant élu, et ce, par ses actions émises dans l’œuvre. D’ailleurs, les dispositifs utilisés par l’artiste sont en quelque sorte les bonbons de la célèbre maison en pain d’épice de la sorcière anthropophage. Effectivement, le spectateur émancipé se doit de pénétrer dans cette expérience immersive et interactive donnée, car ceci est la volonté de l’artiste.
 
LA SPÉCIFICITÉ DU SPECTATEUR EN ACTION
« La production de l’art porte déjà en elle une conceptualisation de l’idée du spectateur, et qui dévoile la présence de l’acte de la réception dans la démarche même de l’artiste ». Effectivement, c’est la manière de rendre réels la nature et l’environnement de l’œuvre, car l’œuvre devient une scène. Alors, le spectateur est inviter à y entrer et acter inconscient dans cet univers crée. En effet, le visiteur doit jouer dans ce théâtre de l’absurde, devenant ainsi performeur. Ainsi donc, l’installation se métamorphose en évènement performatif, puisque les rôles n’ont plus la même focalisation narrative : le spectateur en artiste ou comédien, l’artiste en spectateur ou simplement en observateur. Alors, la trame narrative dépeint un spectacle de variétés et l’art de la vie.
 
 

LA THÉÂTRALITÉ

 
DÉFINITION DE LA THÉÂTRALITÉ
Depuis, l’apparition de la modernité, nombre de propositions artistiques intégrèrent la complexité de la théâtralité dans les pratiques diverses, en tant que modèle théorique et esthétique de la métaphore, encore bien actif aujourd’hui. Effectivement, ces pratiques contemporaines mirent de l’avant le contenu et la forme ou bien le cognitif d’une œuvre contemporaine, c’est-à-dire une référence directe au « théâtre/théâtral ». Ainsi, la théâtralité fut intimement liée à un double constat, a priori mettre en scène et installer le temps dans l’espace à partir du cadre et ensuite intégrer le spectateur comme processus de dissolution du cadre. « Ces approches cherchaient à détacher la théâtralité du théâtre et de la mise en scène pour en faire une propriété de la scène, au sens structurel du terme, soit de tout évènement qui, dans un lieu et un temps donnés, rassemble un regardé et un regardant ».
 
SPÉCIFICITÉ DE LA THÉÂTRALITÉ
La théâtralité se particularise par des notions bien distinctes, celle du théâtre et théâtral mentionné plus tôt. D’une part, le théâtre dénote la dichotomie du « fictif/réel », manifestant donc, une dialectique dans la mise en scène. En effet, la ligne est très étroite entre la réalité et la fiction. C’est pourquoi, la théâtralité fut incorporée peu à peu dans les arts visuels par les notions de représentation, l’espace, « la distinction/non-distinction des frontières du regardant/regardé, espace de l’action/espace de l’audience ». Alors survient la question, qui fait l’évènement ? C’est pourquoi, la présentation est interrogée, elle implique une dialectique et une « affirmation du théâtral comme distinct de la vie et du réel », et ce, comme condition automne. Dès lors, la théâtralité émerge du spectateur, par le terme théâtral, lorsqu’il prend « conscience de sa participation à une expérience commune/sociale de l’ordre du jeu ». De plus, cette dimension illustre la part analytique et expérimentale des artistes, afin de reconstituer, comprendre et résoudre leur propre démarche artistique dans la société, grâce un « processus consistant à placer, cadrer [et] situer » le produit final de leur production artistique. Bref, la théâtralité est l’interrogation même des sens, de la condition humaine « à travers le prisme du théâtre et de ses masques ».
 
 

INTERMÉDIARITÉ

DÉFINITION DE L’INTERMÉDIARITÉ
Issu de la complexité de l’objet dans l’espace spatiotemporel. L’intermédiarité est une « espèce d’espace » à l’intérieur d’une mise en abyme d’espaces. Sa particularité est prise dans un tissu complexe d’interrelations intermédiaires sur le jeu d’échelle et des cadrages spatiaux considérés. En ce sens, l’intermédiarité est « une construction mentale, résultant de la volonté de catégoriser l’espace » sur un point de vue fonctionnel. Dans ce cas, un régime de communication par le réseau, et ce, grâce à « l’effet de circularité » en d’autres termes, « mettre tous les œufs dans le même panier ».
 
SPÉCIFICITÉ DE L’INTERMÉDIARITÉ
La particularité de l’intermédiarité se joue entre la continuité et la discontinuité, dont la structure circulaire apparaît en « l’absence d’une quelconque polarité lorsque l’information et discussion se déploient sans entrave, librement et rapidement dans le réseau de communication ». En effet, « [cette notion] se définirait par une position dans un système nodal (donc discret) ou [discontinu] et non par une transition dans un espace continu ». Alors, les espaces s’hybrident vers la notion d’interdisciplinarité, c’est-à-dire une association du savoir par la collaboration de plusieurs disciplines dans une analyse ou démarche créative hétéroclite, individuelle ou bien collective. Bref, l’interdisciplinarité se traduit par « la vision dichotomique centre/périphérie », existence d’une zone transitoire, entre-autre virtuel ou réel.
 
 

LES RÉFÉRENCES

 
L’IN SITU ET L’EX SITU
 
† SANS, Nom. Consulté en 2015. L’art contemporain et les arts numériques, Web, Format PDF, 87 pages. http://195.83.128.55/~dfort/licence/L%92art_contemporain_et_les_arts_num%E9riques.pdf

† SANS, Nom. Consulté en 2015. in situ, Web, Exispre — J’inspire et j’expire, 13 pages. http://exipres.blogspot.ca/p/in-situ.html

† MONFOUGA, Philipe. Consulté en 2015. In Situ, Web, Format PDF, 2 pages. http://www.monfouga.fr/IMG/pdf/In_Situ_oeuvres_.pdf

† SANS, Nom. 2011. In Situ (définitions et précisions), Web, art air(e) — ‘‘l’art c’est comme une langue étrangère cela s’apprend’’, 5 pages. http://artair.canalblog.com/archives/2011/01/23/3967804.html

† BAETENS, Jean. 1998. L’art ex situ. À propos du catalogue Kounellis au Château de Plieux, Web, Format PDF, 9 pages. http://www.erudit.org/revue/pr/1998/v26/n3/030531ar.pdf

† FARTO, Alexandre. 2013. Ex Situ, Web, Slash/, 3 pages. http://slash-paris.com/evenements/ex-situ
 
LE RÔLE DU SPECTATEUR
 
† G. SPAVIN, Richard. 2007. Le spectateur dans l’art(iste) : pour une étude du rôle et de l’évolution du spectateur dans l’esthétique théâtrale de Diderot, Mémoire publié, Queen’s University, Kingston, «Département d’études françaises pour l’obtention du grade de Maîtrise ès Arts», 117 pages. https://qspace.library.queensu.ca/bitstream/1974/823/1/spavin_richard_g_200709_ma.pdf

† SANS, nom. Consulté en 2015. Rôle du spectateur dans l’art, Web, Wikipédia, 7 pages. http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%B4le_du_spectateur_dans_l%27art
 
LA THÉÂTRALITÉ
 
† FERNANDEZ, Laure. 2010. Théâtralité et arts visuels : le paradoxe du spectateur. Autour « The World as a Stage » et « Un teatre sense teatre » — Theatricality and Visual Arts : The Paradoxe of the Viewver, Web, Marges — Revue d’art contemporain, 12 pages. http://marges.revues.org/490
 
L’INTERMÉDIARITÉ
 
† MERLE, Anthony. 2011. De l’inclassable à « l’espèce d’espace » : l’intermédiarité et ses enjeux en géographie, Web, Format PDF, 11 pages. http://www.armand-colin.com/download_pdf.php?idd=0&cr=34&idr=6&idart=8140

† BAILLEUX, Jean-Marc et CARDON, Alain. Consulté en 2015. La Circularité – Une approche énergétique des organisations, Web, Format PDF, 13 pages. http://www.google.ca/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=10&ved=0CFgQFjAJ&url=http%3A%2F%2Fwww.metasysteme-coaching.fr%2Fdocshow.php%3Fnid%3D329&ei=WSn5VPSVJMaZgwS9z4KYDQ&usg=AFQjCNF8qJc8Q8BN4ZT842SkO7N356kTtQ&bvm=bv.87611401,d.eXY

† COMMENGES, Hadrien et MENDIZÀBAL RIERA, Enric. 2012. Définir l’intermédiarité par le système des mobilités spatiales, Web, Format PDF, 22 pages. https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00684505/document

† FATECH CHIKHI, Nacim. 2011. Calcul de centralité et identification de structures de communautés dans les graphes de documents, Web, Format PDF, 182 pages. https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00619177/document